Qu’est-ce qu’un
Lieu de Vie idéal?
«Marche courageusement vers Ton Idéal, Ami,
c’est alors que Ton Idéal marchera aussi vers Toi!»
De l’Idéal au Réel et du Réel à l’Idéal
Il y a loin de l’Idéal au Réel ou, plutôt, du Réel à l’Idéal, mais l’Idéal c’est pourtant bien que le Réel devienne Idéal.
Il y a, en fait, deux mouvements inverses et complémentaires:
L’on part de l’Idéal, que l’on porte en soi, et l’on cherche ensuite à l’incarner dans le Réel. Sans quoi l’Idéal demeure seulement idéel, non accompli. L’on trouve alors, en tant qu’accomplissement et concrétisation de l’aspiration à l’Idéal, un premier Réel.
Ce Réel alors découvert existe en tant que possibilité d’incarnation de l’Idéal, mais tout reste à faire. Il va ensuite s’agir de faire coïncider le Réel, tellement imparfait, à l’Idéal que l’on porte en soi. Là est tout le travail, qui va, cette fois, du Réel vers l’Idéal.
Lorsque le Réel fusionne enfin avec l’Idéal le But est accompli. Dans la réalisation cela peut prendre des années ou même des décennies… Mais tout ce travail, en même temps qu’il donne forme au But permet aussi de se construire soi-même.
Et si, en plus, c’est un Idéal collectif, donc commun, alors il aura encore une dimension supplémentaire, car il pourra atteindre une perfection qu’il n’atteindrait jamais s’il était seulement une œuvre individuelle.
L’Art de Vivre est un Idéal à atteindre.
Cela veut dire que le But existe devant les yeux de ceux qui partagent cet Idéal.
Mais, en même temps, l’on part d’une situation concrète, qui est une base possible pour l’Idéal mais qui est encore loin de l’Idéal lui-même.
À ceux qui s’approchent il est donc dit: Ne regardez pas la base comme elle est encore aujourd’hui sans tenir compte du nécessaire et long cheminement pour atteindre l’Idéal, mais regardez déjà vers l’Idéal tel qu’il est présenté, de sorte à voir si vous ne souhaitez pas, vous aussi, contribuer à faire en sorte que l’Idéal devienne Réalité ou, plus précisément, que la réalité présente se transforme en Idéal…
C’est donc un combat, un combat entre le réel tel qu’il est encore et tel qu’il resterait si la force de l’Idéal ne venait pas le transmu{t}er et l’Idéal tel qu’il est, agissant afin de changer le Réel afin qu’il devienne, lui aussi Idéal. L’Idéal agit donc comme un levain dans la pâte.
Et les êtres humains aspirant à l’Idéal? Ils doivent, certes, avoir la tête dans le Ciel, de manière à toujours clairement voir l’Idéal devant eux, mais ils doivent aussi avoir les pieds solidement enracinés dans la glèbe du quotidien de sorte à ce que l’Idéal ne demeure pas coupé du Réel, ce qui ferait qu’il demeurerait toujours à part, donc uniquement idéel, et ne pourrait donc jamais réellement s’incarner.
Ce qui est donc à appréhender dans la démarche ce n’est pas l’état momentané du Réel par rapport à l’Idéal mais la claire volonté des êtres humains aspirant vers lui de l’atteindre, même de façon très progressive, et donc la qualité et l’intensité du cheminement vers lui.
Parfois, il faudra, en apparence, faire quelques concessions momentanées qui sembleront {s'}écarter de l’Objectif, mais, en réalité, même un bateau qui louvoie va quand même vers le But si son capitaine, même lorsque le bateau doit «tirer des bords» (parce qu’aucun voilier ne peut progresser «bout au vent») ne perd jamais des yeux – et surtout de l’esprit! - le cap à atteindre!
Ce sera la même chose pour une route de montagne devant atteindre un col; elle serpentera beaucoup, mais celui qui la suivra fidèlement jusqu’au bout atteindra quand même l’objectif.
Et un bon cavalier n’éperonne jamais son cheval jusqu’au sang mais lui permet de faire quand même quelques écarts. C’est de cette manière que lui aussi atteindra son but sans molester son plus fidèle allié lui permettant de l’atteindre.
Par conséquent, les deux écueils à éviter sont: Ne jamais permettre à l’obstination de détruire son but, mais, au cours des parfois nécessaires détours et temporisations, ne jamais oublier … le But!
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